Locaux d’entreprises des périphéries
urbaines
2005 – 30 photographies couleur,
tirages encres pigmentaires, 60 x 75 cm
La photographie descriptive inscrit traditionnellement
son objet dans le temps : archivage d’un monde ancien
voué à la disparition, ferveur moderniste
face à la nouveauté ou conscience mélancolique
d’une obsolescence programmée.
Il n’est pas sûr que cet effet d’archéologisation
fonctionne avec les locaux professionnels représentés
ici, emblématiques des zones industrielles ou «
zones d’activités » qui se multiplient
à la périphérie des villes et des
villages. Les bardages de tôle gaufrée, au
profil calculé par ordinateur, découpés
au laser, anodisés ou teintés dans la masse,
les strictes parallèles et le tendu impeccable
des surfaces produisent, saisis par le capteur numérique,
une impression d’irréalité qui semble
les soustraire au devenir.
La photographie de ces bâtiments vite construits
et rapidement démontables ressemble à l’image
de synthèse qui a permis leur prévisualisation
au client. Elle ramène en boucle à l’avant
de leur construction.
Cette boucle autour d’une nouveauté sans
horizon évoque l’utopie d’une négation
du temps, le ressassement d’un pur présent
perpétuel : le régime d’historicité
de l’économie d’aujourd’hui ?